
Le compte à rebours est lancé pour la tenue de la cérémonie coutumière « Yè », événement spirituel majeur dans la cité de l’espérance. Ce dimanche 20 juillet 2025, les associations de développement, accompagnées des sages, notables et têtes couronnées, ont à Lokossa procédé à la consultation du Fa. Objectif : recueillir les prescriptions rituelles à observer pour garantir la réussite de l’édition 2025. Organisé dans le respect des pratiques ancestrales, ce rituel a permis d’identifier le signe Awlinfo-Troukpin, porteur des orientations spirituelles à suivre. Le président de l’Association pour le Développement de Lokossa (ADL), Rémy Sossou, a rappelé l’importance de cette étape, soulignant qu’elle constitue la boussole qui guide les actions à venir. Dans la tradition Kotafon, la cérémonie du « Yè » revêt un caractère hautement symbolique. Exorciste et purificatrice, elle vise à débarrasser la ville des énergies négatives et à lever les imprécations, afin de garantir santé, paix et prospérité à la population. « Le Yè est profondément enraciné dans notre identité depuis le règne de Sa Majesté Totognanho 1er », a rappelé Nestor Mahinou, secrétaire général de l’ADL.

Le président communal du Conseil National des Cultes Vodun et des Cultures Endogènes (CNCVB-Racine), Togbé Totchemanhoué, présent à la séance, s’est exprimé en partie dans la langue vernaculaire, pour mieux transmettre la portée culturelle et spirituelle de l’événement. Sa présence, fidèle d’année en année, marque l’engagement des autorités traditionnelles à préserver un patrimoine immatériel de grande valeur. Au-delà du cadre mystique, cette mobilisation illustre l’harmonie entre les gardiens de la tradition et les forces vives locales. Elle témoigne de la volonté partagée de maintenir la cohésion sociale et de promouvoir un développement durable ancré dans les valeurs culturelles. La cérémonie proprement dite du « Yè » est prévue pour le 24 août prochain. Lokossa se prépare donc à vivre un moment de haute intensité spirituelle, au croisement du sacré et du vivre-ensemble. Julien Kévi /RACINE-INFOS




